Ou « Comment j’ai risqué 5 ans de prison et 250 000$ d’amende ».
Pratiquement inconnue du grand publique il y a quelques années, l’agence gouvernementale américaine Homeland Security a gagné en notoriété au lendemain du 11 septembre. Responsable de la sécurité du territoire, elle est notamment garante de la protection des vols depuis et vers les Etats-unis.
En plus des problèmes de passeport (à lecture optique et bientôt biométrique), je me rend compte assez rapidement en arrivant à l’aéroport pour l’enregistrement vers Miami, qu’aller aux USA, ce n’est pas tout à fait comme aller dans un autre pays.
Avant de pouvoir enregistrer mes bagages, je dois d’abord répondre à toute une série de questions. D’abord orientées sur mes bagages, elles portent ensuite sur le comment et le pourquoi de mon voyage ainsi que sur les raisons qui ont fait que j’ai décalé mes vols à plusieurs reprises. Après avoir répondu à toutes ces questions (ce qui déjà ne semble pas être le cas de tout le monde), j’ai de nouveau droit à un traitement de faveur lorsqu’on me demande si je ne m’oppose pas à ce que l’on fouille mes bagages.
Lorsque j’étais à Tahiti, j’ai acheté 2 briquets pour mon père en remplacement d’un que j’ai empoché un jour sans faire attention (et qui provenait lui-même de là-bas). Et je sais pour avoir lu un panneau à l’aéroport de Beijing il a plusieurs mois qu’il est maintenant interdit de transporter des briquets sur tous les vols à destination des EU, même en soute. Dieu sait probablement combien de crashs inexpliqués ont eu lieu suite à la combustion spontanée d’un briquet dans un sac !
On me conduit donc dans une salle ou pendant une dizaine de minutes un gars avec des gants en plastiques fouille mon sac et me pose des questions sur certains trucs. Il me demande également de sortir les briquets de mon sac, ce que je fais en les empochant. 10 minutes pendant lesquels il n’est même pas tombé sur mon couteau suisse (ce qui n’aurait de toute façon rien changer, la combustion spontanée de ces couteaux et encore beaucoup plus rare) et pour finalement me laisser me débrouiller à essayer une fois à tout faire rentrer dans le sac.
Après avoir vainement d’envoyer les fameux briquets par la poste, je décide d’en ranger un dans mon sac à dos cabine, dans la pochette du disque dur portable et de garder le second dans la poche en ayant préalablement enlevé toutes les parties métalliques. Mon sac passe au contrôle sans aucun problème et aucune alarme ne se déclenche à mon passage sous le portique. Mais au dernier moment alors que je vois qu’un autre contrôle est effectué juste avant l’entrée dans l’avion par le personnel d’American Airlines, je décide que 2 briquets c’est vraiment trop gros et me débarrase de celui qui est dans ma poche. Je me retrouve finalement à bord, non sans avoir de nouveau répondu à une série de question, avec un briquet en parfait état de marche dans mon sac à dos.
Comme il n’y à pas de zone de transit à l’aéroport de Miami (ou parce que c’est la procédure habituel ?!) je passe la douane ou en plus de me prendre en photo comme dans à peu près tous les autres pays, on prend également l’empreinte de mes deux indexes.
Quelques heures plus tard à l’embarquement pour le Costa Rica, mon sac à dos passe de nouveau sans problème au contrôle et en plus je prend l’avion sans avoir passé de douane. A peine si un employé à vaguement jeté un regard sur mon passeport avant de m’autoriser l’accès au contrôle de mon sac. Espérons qu’à l’heure qu’il est, le FBI ne soit pas lancé à mes trousses !