Einstein a inventé la relativité. Mais le temps est relatif depuis toujours. Tout le monde sait ça. N’importe quel enfant sait que le temps ralentit lorsqu’il est en cours et qu’il s’accélère quand il passe un après-midi d’été à jouer avec ses amis.
La perception du temps n’est évidemment pas un sujet auquel on pense tous les jours. Quel travailleur veut penser à ses journées de boulot interminables et ses si courtes soirées. Pourquoi s’interroger sur ces week-ends qui disparaissent derrière un battement de cils ?
Le voyageur a contratio « a le temps ». La situation s’y prête d’ailleurs à merveille. Un voyage se vit dans toutes les directions temporelles. La conjugaison et les temps ont été inventés pour lui.
Le périple se conjugue. Tout est inversé. On commence par le futur. On prépare, on prévoit. J’irai là. Il faudra que j’aille visiter cet endroit.
Viens ensuite le moment présent, plongé au coeur du voyage, séparé de ses repaires habituels, le temps disparaît. Il faut s’arrêter pour penser au présent.
Le présent ne se montre que lorsque le temps commence d’abord par s’arrêter. Je suis sur la grande muraille de Chine, assis sur un mur de pierres vieux de plusieurs centaines d’années. Le temps disparaît de même que le voyage. A part pendant quelques heures de-ci, de-là, on ne voyage pas. On est à Bangkok. On boit un coup à Shangaï. On se ballade dans un jardin japonais. Voyager ne se conjugue pas au présent. Il faut-être assis à une terrasse, à écouter le son -assourdissant- de la pluie qui tombe sur Tahiti [depuis maintenant 4 jours] pour réaliser que l’on voyage, que l’on à voyagé jusqu’ici.
Pour finir arrive, ironiquement, le passé. On est parti il y a 2 mois, il y a 3 semaines je contemplais le coucher de soleil du haut des 492 mètres de la plus grande tour du monde. Il y a une semaine je le voyait se lever sur la ville de Sydney.
C’est à posteriori que s’apprécie le voyage.
