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La terre vue du ciel

Je devais avoir le cerveau embrumé pour ne pas y avoir pensé avant. J’ai pensé à deux reprise à aller chercher des cartes pour situer les endroits ou j’étais, mais j’avais oublié l’existence de Google Local.



Punta Arenas, Chili. Par Limvirak.

Donc voilà une Photo Satellite de la région ou je me trouve. J’ai essayé de centrer assez approximativement sur Punta Arenas. La ville se trouve dans le détroit de Magellan et n’est pas la ville la plus au sud du continent américain (de même que Ushuaia), c’est Porto Williams, autre ville Chilienne à qui revient cet honneur !

J’ai donc opté pour l’avion pour venir jusqu’ici. Un peu cher, mais le survol de la Patagonie est fantastique. Surtout si vous le fait à l’heure du coucher de soleil et que vous avez assez de chance pour que les nuages vous permettent de temps à autre de pouvoir admirer le sol.

Plusieurs fois déjà, j’ai eu l’impression d’être « au bout du monde », mais rarement l’impression n’a été aussi forte qu’en regardant l’endroit ou je me trouve sur le continent sud-américain. J’ai décidé de chercher pour moi, où était le bout du monde, c’est la dire, l’endroit sur le globe opposé à Marseille. Mais en fait, je n’ai pas que ça à faire.

Alors petit concours, trouvez-moi, les coordonnées (et le nom du pays, voire de la ville la plus proche, si ça tombe sur un continent) de mon « autre bout du monde ». Il y a un truc à gagner, je n’ai pas encore trouvé quoi, mais ne vous inquiétez pas, je serai récompenser le gagnant.

Question subsidiaire sans aucun rapport, est-ce que mes photos sont en général trop sombre ? Depuis un petit bout de temps, j’essaye un réglage un peu différent et sans impression, ou à défaut un bon moniteur, c’est un peu dur de juger.

Grain de sable

Pour une fois que j’arrivais à prévoir un peu mon planning des prochains jours, voilà que la météo se met à me jouer des tours. Cette après-midi, je devais prendre un bateau pour aller de l’autre coté du détroit de Magellan à l’île Madgalena voir une colonie assez importante de pingouins.

Heureusement que je n’arrivais pas à trouver un collectivo de libre. J’ai ainsi pu, en passant de la compagnie qui organise les tours, être informé que la sortie était annulée sans aller jusqu’au port. Et la prochaine n’est prévue que samedi. Il faut que je trouve quelque part les prévisions météo de la région que je ne reste pas ici pour rien.

En attendant, je serais bien descendu jusqu’à l’antarctique, mais c’est un peu trop cher (plus de 2000 $US pour une journée !).

Après Punta Arenas, je compte me rentre à Puerto Natales et aller passer une journée en Patagonie. De là, je passerai ensuite la frontière avec l’Argentine pour aller à Rio Grande ou peut-être descendre jusqu’à Ushuaia avant de remonter l’argentine jusqu’à Buenos Aires.

En attendant, je ne bouge pas avant d’avoir vu mes pingouins ! D’autant plus qu’avec un peu de chances, les oeufs viennent d’éclore.

Fifteen minutes of fame

Je vais passer à la télévision chilienne !

Enfin peut-être, si je ne suis pas coupé au montage. Nul n’est prophète en son pays, mais je serais bientôt un star de l’autre coté de l’atlantique.

Cette après-midi, après avoir décidé que j’avais assez marché pour la journée, je me suis réfugié dans une sorte de salon de thé pour me réchauffer. Non j’abuse, je n’avais même pas froid.

Bref, au bout d’une demi-heure, je remarque un nouveau serveur, suivi par une caméra et qui fait le pitre en prenant les commandes ou servant les tables. A un moment, il s’intéresse à une jeune femme installée à la table à côté de la mienne. Quelques minutes plus tard, il s’approche de moi et je lui explique rapidement que je ne parle pas espagnol. Il commence alors à me parler en anglais et me demande d’où je viens. Lorsque je lui répond que je suis français, il se met à chantonner la marseillaise, et me voilà à mon tour chantant les premières paroles de l’hymne national.

Il commence à me brancher avec la jeune fille d’à côté, d’origine canadienne. Nous commençons à discuter et elle m’explique qu’elle revient de passer 15 jours dans le cercle antarctique. Le voyage était exceptionnel mais ça lui à tout de même coûte un bras (5500 $US, le prix du bras tout de même). Au bout d’un moment nous remarquons que le cameraman continue à nous filmer sous l’oeil goguenard du comique et décidons de revenir à nos lectures respectives.

Le comique continue sont numéro encore quelques minutes avec d’autres personnes, surtout des touristes, avant de plier bagages. Que restera-t-il de tout cela ? Probablement une poignée de seconde. Quoi qu’il en soit, si vous me voyez un jour bafouiller la Marseillaise à la télévision chilienne, ne soyez pas trop surpris.

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Möbius

La vie à Punta Arenas commence à devenir une routine pour moi.

Réveillé assez tôt par mes des gens qui partagent ma chambre, douche, petit déjeuer, internet et ensuite trouver comment s’occuper jusqu’à 1430.

She's a dead boat

J’attrape le collectivo n°15 qui me dépose au tres puntes une bonne heure avant d’embarquer et j’en profite pour prendre quelques photos sur la plage. A 1530 le ferry arrive enfin et à 1600 nous voilà à bord.

Je choisis de rester à l’exterieur sur une coursive en esperant apercevoir quelques animeaux marins, mais je finis par me recroqueviller dans un coin avec mon casque sur les oreilles et à faire un somme. Je suis reveillé rapidement par l’agitation générale sur le pont : l’île de Magdalena est en vue. Tout le monde prend des photos alors que l’île grossit de plus en plus.

De temps à autre un cri signale la présence d’un pingouin entrain de pêcher non loin du bateau. Finalement le ponton de débarquement est en vue. Le bateau ralentit puis stop complétement alors que nous sommes encore au moins à 300m des côtes. Lentement il se met à faire demi tour et pousse à nouveau les moteurs.

Prêt pour la découverte des pingouins

Peut-être qu’on est venu là juste pour apercevoir les oiseaux de loin avant d’aller débarquer à un autre endroit ? Au bout de quelques minutes les gens rentrent pour se mettre au chaud. Un espagnol me demande si je parle espagnol et commence à m’expliquer (en espagnol, donc je ne suis pas sur de tous les détails) que nous n’allons pas débarquer parce qu’il y a pas assez d’eau et que c’est dangereux à cause des rochers. Je reste incrédule, me disant que c’est une blague, mais tandis que l’île se fait de plus en plus petite à l’horizon, force m’est de constaté que mon rendez-vous avec les pingouins à été une nouvelle fois repoussé !

Prêt pour la découverte des pingouins
Certains ont eu plus de chance avec les pingouins ! – photo par slowloris

Comme à toute chose malheur est bon, j’ai tout de même fait la connaissance d’une jeune française qui passe ses vacances au Chili et avec qui nous avons partagé pitance et breuvages.

Comme ça ne sert pas à grand chose que je m’acharne, je pars aujourd’hui pour Puerto Natales pour aller faire un tour en Patagonie.